Traitement de l’alcoolisme : le Baclofène autorisé « au cas par cas »

L’Afssaps admet le recours du Baclofène pour traiter des personnes atteintes d’alcoolisme, seulement « au cas par cas », en attendant la fin des recherches sur son efficacité.

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Traitement de l’alcoolisme : le Baclofène autorisé « au cas par cas » ©ThinkStock

Une étude publiée en mars révélait les effets bénéfiques du médicament Baclofène, normalement prescrit comme décontractant musculaire, dans le traitement contre l’alcoolisme. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ne confirme pas son efficacité mais reconnaît aujourd’hui ses bénéfices chez certains patients dépendants à l’alcool. Dans son dernier point d’information, elle admet l’usage du Baclofène « au cas par cas ».

En France, le Baclofène est commercialisé sous forme de comprimés par le laboratoire Novartis sous le nom de Liorésal et comme générique par Sanofi sous l’appellation Baclofène Zentiva.

30 000 français dépendants déjà sous Baclofène

Les médecins ont commencé à s’intéresser au Baclofène pour traiter l’alcoolisme de leurs patients, suite au témoignage d’un de leurs confrères new yorkais. Dans son ouvrage intitulé « Le dernier verre », le cardiologue explique comment ce médicament l’a aidé à sortir de son calvaire. Convaincus, certains en ont prescrit à leurs malades, « pour voir ». C’est ainsi qu’en France, 30 000 personnes alcoolo-dépendantes se soignent déjà en partie avec du Baclofène, alors même que celui-ci n’est pas « officiellement » autorisé pour ce type de pathologie.

« Concernant spécifiquement cette utilisation hors du cadre actuel de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), les données de pharmacovigilance sont très limitées, mais ne remettent pas en cause la poursuite de ce type de traitement », note l’Afssaps. Les médecins ont donc le feu vert pour continuer à en prescrire à ces patients.

Un suivi des patients traités au Baclofène

En quête de preuves de l’efficacité du Baclofène dans le traitement de l’alcoolisme, l’Afssaps prévoit de lancer un essai clinique sur 320 patients. Celui-ci débutera en mai et finira à la fin de l’année 2013. « Face à l’enjeu de santé publique que représente la lutte contre l’alcoolisme, l’Agence encourage le développement d’autres études que ce soit de la part d’équipes académiques ou d’industriels afin d’optimiser l’emploi de cette molécule », écrit l’Agence sur son site.

Julie Toury