Travail au noir : 7 % des entreprises y ont recours

Travail illégal, dissimulé, ou encore au noir, bien qu’interdit en France, le procédé n’a pourtant pas disparu ainsi qu’en témoignent les résultats de l’enquête menée par l’Acoss.

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Dans la restauration 5,8 % des salariés travaillent au noir. ©ThinkStock

En 2011, les Urssaf (unions de recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’allocations familiales) ont récolté pas moins de 220 millions d’euros de redressements auprès des entreprises pour travail dissimulé. Face à ce constat, l’Acoss (agence centrale des organismes de Sécurité Sociale) a alors décidé de mener une enquête sur le travail au noir dans les entreprises en France. Les résultats de cette enquête viennent d’être dévoilés par l’Urssaf et révèlent que 7,3 % des entreprises ont recours au travail au noir.

Les entreprises se rendent coupables de travail dissimulé à partir du moment où elles ne déclarent pas un de leurs salariés ou une partie de son activité.

21,4 % des plus de 60 ans travaillent au noir

En France, au total, c’est 2,4 % des salariés qui sont concernés par le travail illégal. L’enquête a permis à l’Acoss d’établir un classement des secteurs d’activité par taux de travail au noir dans les entreprises. Il ressort que le secteur le plus touché est celui des hôtels, cafés et restaurants avec 5,8 % des salariés. Il est suivi de près par le secteur du commerce de détail alimentaire avec 5,5 %. Alors même que celui de l’assurance et de la banque fait foi de meilleur élève, avec 0,0 % et une absence totale de travail illégal.

Tous les salariés ne sont, cependant, pas égaux devant le travail au noir. Les personnes les plus fragiles sont également les plus exposées à cette situation précaire. 8 % des salariés de moins de 18 ans et 21,4 % des plus de 60 ans travaillent au noir en France.

Les résultats du travail illégal sous-estimés

Depuis quelques années, les Urssaf tentent d’être plus performantes. Pour ce faire, elles ciblent plus précisément leurs contrôles, notamment sur les grosses entreprises. Ce qui s’est traduit par une augmentation de 19 % des redressements par rapport à 2010. Cependant l’Acoss estime que les résultats de son enquête sont encore en-dessous de la réalité. Pour expliquer cela, elle souligne que les contrôles n’ont jamais lieu tôt le matin, ni durant les week-ends, alors qu’il s’agit justement des périodes les plus concernées par le travail dissimulé.

L’Acoss est la caisse nationale des Urssaf, l’organisme en charge de la collecte des cotisations salariales et patronales.

Maëla Priolet