Tubes de SRAS perdus : l’Institut Pasteur mis en cause

Deux ministres accusent l'Institut Pasteur de négligences. La fondation serait responsable de la perte de plus de 2 300 tubes contenant des fragments du virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère).

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Courant avril, l'Institut Pasteur a déclaré avoir perdu 2 349 échantillons du virus SRAS. ©ShutterStock

L’information a été révélée par le site Mediapart. L’Institut Pasteur serait mis en cause par la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, et le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche – dont dépend la fondation -, Benoît Hamon. Le centre de recherche est soupçonné de négligences après la perte de plus de 2 300 tubes contenant des fragments du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Dans une note confidentielle datée du 16 avril, les deux ministres rapportent divers problèmes.

L’Institut Pasteur accusé d’avoir détruit les échantillons de SRAS

Selon Marisol Touraine et Benoît Hamon, il existe une « forte probabilité de destruction (des échantillons en question) non ordonnée par les responsables et sans traçabilité ». « Listes des personnes habilitées non initialement disponible, congélateurs non sécurisés, absence de vidéosurveillance, archives non disponibles le week-end »… Les anomalies repérées sont multiples.

Courant avril, l’Institut Pasteur a déclaré avoir perdu 2 349 échantillons du virus SRAS, répartis dans vingt-neuf boîtes stockées dans un congélateur au sein d’un laboratoire habilité à conserver des organismes hautement pathogènes. Le centre avait à l’époque déclaré qu’ils n’avaient « aucun potentiel infectieux ». La disparition avait été constatée au mois de janvier, lors d’un inventaire. Elle n’a été signalée à l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) que le 28 mars. Afin de percer le mystère, cette dernière a mené une enquête début avril. Les investigations n’ont pas permis de retrouver les tubes. «  Nous avons conclu à un problème de gestion de la traçabilité au sein de l’institut », explique Gaëtan Rudant, directeur de l’inspection à l’ANSM.

Tubes perdus : un nouvel inventaire est en cours

Au moment des faits, l’Insitut Pasteur a porté plainte contre X pour tenter d’obtenir des réponses concernant cette perte. De son côté, l’ANSM a suspendu les activités de recherche du laboratoire et exigé un nouvel inventaire «  tube à tube dans tous les laboratoires de l’Institut Pasteur habilités à manipuler des micro-organismes et toxines (MOT) », a indiqué Monsieur Rudant.

Selon Mediapart, l’inspection générale des affaires sociales ainsi que l’inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche doivent mener une mission visant à contrôler « l’ensemble des laboratoires de haute sécurité biologique de l’Institut Pasteur ». Leur objectif premier est d’identifier les raisons de la disparition des tubes et de mettre en relief les défaillances liées à la gestion de ces établissements.

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Damien Rigat