Un Brésilien travaille 10 minutes pour se payer un ticket de bus. Et un Français ?

Selon une enquête sur le pouvoir d’achat de la banque UBS, les habitants de Rio de Janeiro, Paris, Los Angeles ou Pékin sont loin de consacrer la même part de leur salaire aux transports en commun. Combien de minutes de travail sont-elles nécessaires pour se payer un ticket de bus dans les grandes villes du monde ?

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Le prix d'un ticket de bus représente 5 minutes de travail pour un Parisien.

Les Français se plaignent constamment de la qualité et du coût de leurs transports en commun, mais sont-ils vraiment les plus mal lotis ? À en croire la dernière enquête sur le pouvoir d’achat réalisée par la banque suisse UBS*, les Brésiliens consacrent une part bien plus importante de leurs salaires à leurs déplacements, pour un service déplorable !

Les auteurs de l’étude ont calculé le nombre de minutes de travail nécessaires pour pouvoir se payer un ticket de bus, dans plusieurs endroits du monde. Résultat : quand les habitants de São Paulo ou de Rio de Janeiro doivent travailler en moyenne 10 minutes pour s’acheter leur titre de transport, les Parisiens ou les New-Yorkais n’ont besoin que de 5 minutes, soit deux fois moins. Et c’est en Asie que le budget « transport » est le moins élevé : à Pékin ou à Bombay, il faut travailler moins de 4 minutes pour se payer un ticket de bus.

Temps moyen de travail nécessaire pour se payer un ticket de bus :

Budapest : 13 minutes
Rio de Janeiro : 10 min
São Paulo : 10 min
Londres : 9 min
Athènes : 8 min
Rome : 7 min
Madrid : 6 min
Paris : 5 min
New York : 5 min
Los Angeles : 3 min
Pékin : 3 min
Bombay : 3 min

Transports en commun au Brésil : coût élevé, service déplorable

En plus d’un coût très élevé, les transports en commun brésiliens ne sont pas des plus optimisés. Plus de la moitié des habitants de São Paulo (55 %) jugent « horrible » la qualité de service, selon un sondage Datafolha réalisé au mois de juin. Ils déplorent notamment le temps d’attente entre deux bus (21 minutes en moyenne) et les longues distances entre deux arrêts, dues à l’étalement des villes. En effet, São Paulo et Rio de Janeiro s’étendent respectivement sur 1 523 et 1 260 km², quand Paris n’occupe « que » 105,4 km². On imagine l’immensité du réseau des transports en commun et les difficultés d’entretien.

On comprend également un peu mieux pourquoi les Brésiliens sont descendus dans la rue au mois de juin, lorsque le gouvernement brésilien a annoncé une augmentation du coût des transports.

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* enquête menée en 2012, dans 72 grandes villes à travers le monde

Julie Toury