Un chirurgien oublie une sonde dans les artères de son patient

Un chirurgien de l’hôpital d’Annecy (Haute-Savoie) a laissé un morceau de sonde de plusieurs centimètres dans les artères de son patient. Ce dernier a dû se faire opérer d’urgence. Une enquête est en cours.

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Nouredine Lameche a dû se faire retirer en urgence un bout de sonde de plusieurs centimètres laissé par un chirurgien de l’hôpital d’Annecy… il y a près d’un an. - Image d'illustration ©ThinkStock

Il l’a échappé belle. Nouredine Lameche, un habitant d’Albertville (Savoie), a dû se faire retirer en urgence un bout de sonde de plusieurs centimètres laissé par un chirurgien de l’hôpital d’Annecy (Haute-Savoie)… il y a près d’un an.

« Lorsqu’il a décidé d’enlever la sonde, elle a accroché »

En 2010, Nouredine Lameche, 50 ans, est victime d’un infarctus du myocarde. Deux ans plus tard, les douleurs reviennent, le pisteur-secouriste doit alors passer une coronarographie (examen des artères). Et c’est ce jour-là, le 5 juillet 2012, que l’incident a lieu :

« À l’hôpital d’Annecy, le chirurgien a fait entrer la sonde au niveau de mon poignet droit. Il a examiné mes artères jusqu’au cœur. Lorsqu’il a décidé d’enlever la sonde, elle a accroché. Il l’a retirée d’un coup sec. J’ai alors ressenti une grosse douleur. Il a posé la sonde sans vérifier qu’elle était bien complète. Et il est sorti du bloc opératoire. Il était environ 12h45. Il était pressé d’aller manger », raconte le patient (Le Parisien).

Trois morceaux de sonde ont été retirés, il en reste trois autres

Quatre mois passent… Nouredine Lameche ressent des fourmillements dans le bras droit et des picotements dans la tête : « Je n’arrivais plus à dormir. J’avais mal à l’épaule ». Le 22 février 2013, le quinquagénaire se fait examiner par un angiologue (spécialiste des vaisseaux), qui lui fait un doppler et observe ses artères. Le médecin est sous le choc. Il appelle son associée, qui lance au patient : « Ou vous avez des aliens ou vous n’êtes pas normal. Il y a plein de corps étrangers dans vos artères. »

Le verdict tombe : des morceaux de sonde sont restés dans ses vaisseaux. Il faut opérer sur-le-champ. En effet, si les bouts métalliques migrent jusqu’à son cerveau, Nouredine Lameche pourrait être victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Le 11 avril, il se fait retirer trois morceaux de 3, 6 et 7 centimètres dans un hôpital lyonnais. Il en reste encore trois autres… le patient saura dans deux ou trois mois s’il pourra se faire opérer à nouveau.

Nouredine Lameche demande une indemnisation

« J’aurais pu mourir. J’attends des excuses du chirurgien. Je veux aussi donner l’alerte, car il n’est pas normal qu’une sonde soit si fragile. D’autres patients peuvent être aussi concernés sans le savoir », prévient Monsieur Lameche, qui a une cicatrice de 10 centimètres au niveau de la carotide. Selon son avocate, Mᵉ Caroline Collomb, « la faute est évidente. Nous allons donc demander une indemnisation. »

> Une procédure de négociation à l’amiable est en cours avec l’hôpital d’Annecy. Le chirurgien qui a réalisé la coronarographie assure qu’il assumera ses responsabilités s’il est reconnu responsable. Une expertise devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

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Damien Rigat