Un éditeur publie la pire offre de stage de tous les temps

Vous rêvez de travailler dans l'édition ? L'annonce publiée par Dalkey Archive risque de vous dégoûter à jamais de la profession. Considérée comme la "pire offre de stage de tous les temps", elle fait le buzz...

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L’entreprise, cet univers impitoyable. Quand l’éditeur Dalkey Archive Press recrute des stagiaires dans le cadre de ses nouvelles activités à Londres, celui-ci ne fait pas de fausses promesses aux candidats. L’annonce publiée sur son site est peut-être « la pire offre de stage de tous les temps », dixit David Daley de Salon.com, tant les conditions sont effrayantes. Jugez plutôt…

Le recruteur annonce tout de go l’absence de rémunération, pour un poste de stagiaire pourtant « confirmé ». Il insiste sur le fait que l’heureux (ou malheureux) élu devra se dévouer à 100 % à l’entreprise, autrement dit ne pas avoir « d’autres engagements (personnel ou professionnel) pouvant interférer avec son travail (obligations familiales, écriture, investissement dans d’autres organisations, diplôme à terminer, vacances à prendre, mariage à Rio, etc.) »

Interdiction de raconter des potins

Aussi, le stagiaire a intérêt à se tenir à carreaux pendant sa période d’essai, sous peine d’être renvoyé. Par là, entendez : ne pas arriver en retard ou quitter le bureau plus tôt sans en avoir demandé la permission (jusque là, ça passe encore…), être disponible la nuit et les week-ends (ça se corse), ne pas donner son avis sur la manière dont les choses doivent être faites, ne pas prendre d’appels personnels durant les heures du travail, ne pas raconter de potins, parvenir à répondre aux emails dans un délai approprié, montrer de l’intérêt pour les autres aspects de l’édition en dehors du contenu éditorial… Avant même de mettre un pied chez Dalkey Archive Press, on sent que l’ambiance n’est pas tout à fait relax.

D’autant que le rédacteur de l’annonce précise bien qu’il est inutile de postuler si l’on a déjà fait l’une des choses citées ci-dessus dans un précédent job.

L’humour irlandais d’un « trou du c… »

Cette annonce ayant fait le buzz à peine publiée, le patron de Dalkey Archive, John O’Brien, a fini par se justifier dans le journal Irish Times. Il a confié avoir utilisé exprès le ton satirique, pour se faire remarquer. Et cela a fonctionné. « J’ai certes déjà été traité de “trou du cul” auparavant, mais jamais autant sur une période de 24 heures », a-t-il plaisanté. L’histoire ne dit pas combien de candidats ont postulé, ni si le poste a été pourvu. 

Thomas Levy