Un embryon de poulet transformé en dinosaure ?

Des scientifiques américains sont parvenus à modifier un embryon de poulet en remplaçant le bec par un museau proche de celui d'un dinosaure. Un premier pas vers la création d'un « chickenosaurus » ?

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L'apparence de l'embryon modifié se rapprochait de celle du vélociraptor et de l'archéoptéryx, un dinosaure à plumes. - crédit photo : Giovanni Cancemi (image d'illustration) ©ShutterStock

Fabriquer un dinosaure à partir de volaille ? Une idée farfelue digne d’un mauvais film d’épouvante, pourrait-on penser à première vue. En réalité, ce projet de « chickenosaurus » est très sérieux. Son responsable, le professeur de paléontologie Jack Horner, s’est entouré de deux confrères issus de prestigieuses universités pour le mener à bien : Arkhat Abzhanov (Harvard) et Bhart-Anjan Bhullar (Yale). Grande première, l’équipe du chercheur a réussi à modifier le développement d’un embryon de poulet : elle a génétiquement transformé le bec du volatile pour en faire un museau de dinosaure, rapporte une étude publiée début mai dans la revue Evolution (en anglais).

Modifier l’embryon d’un poulet pour comprendre l’évolution des dinosaures

L’apparence de l’embryon modifié se rapprochait de celle du vélociraptor, le terrible bipède carnivore, et de l’archéoptéryx, un dinosaure à plumes. Le but de cette expérience n’est pas de créer un zoo à la Jurassic Park mais de mieux comprendre l’évolution des dinosaures en oiseaux, indique Bhart-Anjan Bhullar.

« Un embryon de poulet, finalement, c’est déjà un dinosaure », précise Vincent Laudet, directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, interrogé par Le Figaro (article daté du 25 mai). Les deux familles ont en effet de nombreux points communs, à tel point que les dinosaures pourraient être les ancêtres des volatiles.

Créer un poulet-dino ? Pas question ! Enfin…

Preuve qu’il n’est pas question de recréer des espèces disparues, les embryons en question n’ont pas été gardés. Pour l’instant, la transformation ne concerne que le bec de l’animal mais les scientifiques souhaitent approfondir leur analyse en tentant, notamment, de conserver la queue, présente chez l’embryon de poulet mais qui disparaît au fil de son évolution.

Deux autres modifications – pas encore à l’étude – seraient nécessaires à la création du chickenosaurus : transformer les ailes en bras et – un comble – donner des dents au gallinacé.

Si certains de ses collègues assurent qu’ils ne veulent pas donner naissance à un poulet-dino, Jack Horner serait prêt, lui, à aller plus loin. C’est du moins ce qu’il laissait entendre à un journaliste du Telegraph en octobre 2011. Aujourd’hui, il estime que « 50 % du chemin a déjà été fait » (NBC News).

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Le poulet-dino pourrait ressembler à ceci :

© Karl Tate, LiveScience.com Contributor

 

 

Cécile David