Un gène favorisant le bonheur chez les femmes

Et si un gène suffisait pour que les femmes soient heureuses ? C'est ce que suppose une étude américaine mettant en relation le gène MAOA et le degré de bonheur. Malheureusement, cette information ne serait pas valable pour ces messieurs.

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femme heureuse ©ThinkStock

Dans la quête du bonheur, les femmes auraient un sérieux avantage sur les hommes. La raison ? Selon une étude, publiée dans la revue Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, les femmes porteuses d’une copie d’une variante à faible expression du gène de la monoamine oxidase A (MAOA) seraient plus heureuses que les autres. Ce phénomène se noterait encore davantage lorsque les femmes en portent deux.

Ces résultats sont basés sur l’étude de 345 hommes et femmes, tous suivis par Henian Chen et ses collègues de l’University of South Florida.

Le chercheur explique que ce gène MAOA sert à réguler l’activité d’une enzyme qui dégrade les neurotransmetteurs de la famille de monoamines (sérotonine, dopamine, noradrénaline) et qu’une faible expression de ce gène peut faire augmenter le nombre de neurotransmetteurs qui stimulent l’humeur.

« J’ai été surpris par ces résultats », dit le chercheur, « car une faible expression de ce gène a été liée à des caractéristiques négatives telles que l’alcoolisme, l’agressivité et le comportement antisocial », dit le chercheur. « Il est même appelé gène du guerrier par certains chercheurs, mais au moins pour les femmes, notre étude souligne un côté plus positif de ce gène ». Mais selon l’enquête, les hommes portant ce même gène ne bénéficieraient pas de ses effets sur le bonheur.

Alors, pourquoi une telle différence entre les hommes et les femmes ? Les chercheurs supposent que la testostérone pourrait mitiger les effets positifs du gène chez les hommes.

Si des études complémentaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats, une chose est sûre : malgré cet avantage face au bonheur, les femmes ont toutefois des niveaux plus élevés de troubles de l’humeur et de comportements anxieux.

Mathilde Bourge