Un hacker pirate 17 000 smartphones… pour s’amuser !

Arrêté le 16 octobre à Amiens, un jeune hacker a été mis en examen pour piratage et escroquerie. Son délit ? Avoir créé des virus touchant les smartphones Android. Au total, 17 000 mobiles auraient été infectés.

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Arrêté le 16 octobre à Amiens, un jeune hacker a été mis en examen pour piratage et escroquerie. Son délit ? Avoir créé des virus touchant les smartphones Android. ©ThinkStock

Dylan, 20 ans, va payer cher les conséquences de ce qu’il considérait comme un simple divertissement. Le jeune Amiénois aurait infecté 17 000 smartphones Android d’un virus qu’il aurait lui-même conçu. Il a été mis en examen pour piratage et escroquerie.

Un petit génie de l’informatique…

Pour piéger ses victimes, le jeune hacker proposait gratuitement des applications normalement payantes, en provenance de sites non-officiels dans lesquels il insérait des virus. Après leur téléchargement, les usagers appelaient, sans le savoir, des numéros surtaxés. Par la suite, ils recevaient par textos des codes pour effectuer des paiements sur des sites piratés. Le jeune homme n’avait plus qu’à intercepter ces codes et à les réutiliser pour jouer, en illimité, sur des sites en ligne.

Interrogé par Courrier Picard, Dylan explique n’avoir eu besoin que d’une heure pour mettre en place son arnaque : « Je n’avais jamais travaillé sur Android. Je suis allé à mon PC et je l’ai fait. Ça m’a pris une heure. J’avais appris le langage pendant une dizaine de jours ». Le petit génie, un peu naïf si l’on en croit ses propos, n’a pris conscience de son acte qu’au moment de son passage à la télévision. « Je ne m’attendais pas à ça » confie-t-il.

…qui aurait agi par défi !

Le jeune homme au QI de 150 (bien au-dessus de la moyenne) se défend en précisant qu’il n’agissait en aucun cas pour l’argent et qu’il ignorait totalement l’ampleur de son action. Il aurait ainsi mis en place tout ce système simplement par défi et serait finalement « passé à autre chose » au bout de quelques heures, laissant le virus faire son chemin tout seul.

L’Amiénois opérait la conscience tranquille puisqu’il estimait que les utilisateurs touchés étaient hors-la-loi. « Pour moi, les gens qui téléchargeaient les applications que j’ai copiées étaient dans l’illégalité. Elles sont payantes et [ils] les obtenaient gratuitement sur des sites illégaux. »

Les opérateurs estiment à 500 000 euros le préjudice causé par le hacker. Entendu par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), le prodige de l’informatique a été coopératif en révélant la manière de contrer son virus. Il sera jugé le 8 novembre, à Amiens.

Cécile David