Un micro dans le doudou : la nounou porte plainte – Verdict

Les parents s’inquiétaient des soins prodigués à leur bébé de sept mois pendant sa journée avec la nounou. Pour complètement se rassurer, ils cachent un micro dans le nounours du tout-petit. Si ce qu’ils entendent relèvent bien de la maltraitance, la nounou inverse aujourd’hui la donne et les attaque pour atteinte à la vie privée.

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Contrôler les nounous à domicile, nouvelle urgence ? ©ThinkStock

Dernière minute : les parents ont été relaxés cet après-midi par le tribunal de Lyon. La justice admet ainsi que dans l’intérêt de l’enfant, et sans volonté de nuire, des parents peuvent surveiller une nounou à l’insu de son plein gré.

Le bébé était laissé seul dans le garage, sans babyphone, sans surveillance, sans qu’on lui parle de la journée à l’exception des repas. Mais c’est pourtant la nounou qui attaque aujourd’hui les jeunes parents lyonnais pour atteinte à la vie privée sur le lieu de travail. Car les parents, pour comprendre pourquoi leur bébé leur semblait changé, grognon, avec les fesses rouges, avait caché un micro dans son ourson, et ce qu’ils ont entendu leur avait donné froid dans le dos. Après avoir dans un premier temps attaqué la nounou dans une affaire qui avait été classée sans suite après enquête, la justice devra trancher aujourd’hui sur le droit ou non à la vie privée sur le lieu de travail.

Faire garder son enfant sans stress, nouveau mythe des temps modernes ?

Comment faire garder son bébé en toute quiétude ? Ce problème majeur inquiète plus d’un parent qui, devant l’absence de places en crèches, se voit contraint de confier leur enfant à des parfaites inconnues qui se retrouvent seules, chez elles ou chez les parents. Mais comment être sûr alors que son bébé est bien traité, alors qu’aucun contrôle n’est fait et que l’enfant ne peut pas raconter sa journée ? En espionnant la nounou pardi !

Si la vidéosurveillance et autres micros font les choux gras de nouvelles sociétés qui surfent sur l’inquiétude des parents, la loi n’est pas encore très claire sur le droit ou non à surveiller une nounou sur son lieu de travail. En janvier 2011, une assistante maternelle agréée avait ainsi été condamnée à 6 mois de prison avec sursis, 1000 euros de dommages et intérêts pour les parents et 1000 euros pour la fillette, et son agrément lui avait été retiré. La nounou violente avait été démasquée d’une façon similaire, avec un dictaphone caché dans le couffin. Dans l’affaire du jeune couple lyonnais, les rôles sont soudain inversés et c’est la nounou qui crie au scandale. On saura aujourd’hui si la justice lui donne raison.

Eléonore Verdy