Un premier bébé naît après une greffe d’utérus

Une Suédoise de 36 ans a donné naissance à un bébé après avoir bénéficié d'une greffe d'utérus. Une première mondiale.

0
1013
La patiente ayant reçu une greffe d'utérus ne pourra pas vivre plus de deux grossesses. ©ShutterStock

C’est une percée majeure dans le traitement de l’infertilité. Une femme a donné naissance à un bébé en parfaite santé après avoir bénéficié d’une greffe d’utérus, a annoncé la revue médicale The Lancet, samedi 4 octobre. La jeune maman, une Suédoise âgée de 36 ans, était née sans utérus. L’une de ses amies, âgée de 61 ans et ménopausée depuis 7 ans au moment de l’intervention, a accepté de lui donner le sien de son vivant.

Après l’étape « transplantation », la plus périlleuse, est venue celle de la conception. Les médecins ont procédé à une fécondation in vitro, à partir des ovules de la patiente, ses ovaires étant intacts, et du sperme de son conjoint. Onze embryons ont été congelés. Un seul a été transféré dans le nouvel utérus. Quelques jours plus tard, on a pu constater qu’une grossesse avait démarré…

Un espoir pour les femmes nées sans utérus

À 31 semaines de grossesse, quelques complications sont apparues et la maman a dû subir une césarienne. Son nouveau-né, un petit garçon, est né à 1,775 kilo. Au bout de dix jours, il a pu rejoindre ses parents chez lui et se porte aujourd’hui à merveille. La patiente serait également en bonne santé. Néanmoins, elle ne pourra pas vivre plus de deux grossesses avec cet utérus transplanté. Et ce, pour éviter les effets secondaires liés à la prise des médicaments anti-rejet. « La greffe d’utérus est aussi la première greffe éphémère », expliquent des chercheurs au Lancet.

Jusqu’à aujourd’hui, l’absence d’utérus était la dernière cause d’infertilité pour laquelle il n’existait pas de traitement. Les femmes qui désiraient un enfant n’avaient d’autre choix que d’avoir recours à la gestation pour autrui, dans les pays où cela est autorisé. La naissance de ce petit garçon laisse un espoir gigantesque aux femmes nées sans utérus ou avec une malformation utérine, ainsi qu’à celles ayant dû subir une ablation suite à un cancer ou une hémorragie lors d’une précédente grossesse. Une centaine de patientes pourraient être intéressées en France.

Lire aussi : Premières greffes d’utérus de mères à filles

Thomas Levy