Un sweat taché de sang fait polémique

Si les taches de sang sont de mauvais goût, ce ne sont pas elles qui posent problème, mais bien la référence au drame qui s’est déroulé à l’université de Kent que l’on retrouve sur un sweat vendu par la marque Urban Outfitters et qui fait polémique.

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Les marques de prêt-à-porter jouent-elles la surenchère en matière de bad buzz ? C’est ce que l’on pourrait penser. Seulement quelques semaines après le faux pas de Zara et son étoile jaune sur un pyjama rayé pour enfant, c’est au tour d’Urban Outfitters de créer la polémique.

Le drame du 4 mai 1970

La société américaine qui possède plusieurs marques de vêtements a mis en vente sur son site lundi 15 septembre un sweatshirt dit « vintage » de l’Université de Kent, dans l’Ohio. Un sweat taché de sang vendu 129 dollars et suivi d’un descriptif pour le moins douteux : « Nous n’en avons qu’un ! Alors achetez-le ou regrettez-le ».

Car, si les taches de sang sont certes de mauvais goût, c’est davantage la référence au drame survenu en 1970 à l’université de Kent qui fait polémique. A cette période, les Etats-Unis sont en guerre contre le Vietnam et les manifestations d’étudiants contre l’extension de l’intervention américaine sont nombreuses dans le pays. A la Kent State University, le 4 mai 1970, quatre étudiants qui manifestaient contre la politique du président Nixon ont été tués et neuf autres ont été blessés par la Garde nationale de l’Ohio.

Le sweatshirt a quand même été vendu

Après la mise en vente de ce sweatshirt par Urban Outfitters, les critiques n’ont pas tardé à se faire entendre. Mais la marque se défend et se dit sincèrement désolée. « Cela n’a jamais été notre intention de faire allusion aux évènements tragiques qui ont eu lieu à Kent State en 1970 et nous sommes extrêmement tristes que cet article ait été perçu ainsi » fait-elle savoir dans un communiqué de presse.

Le sweatshirt, que l’on pensait retiré de la vente, a pourtant bien été vendu pour 129 dollars : « Sold Out ». On pouvait il y a encore quelques heures le retrouver aux enchères sur la plateforme eBay. Ce n’est pas la première fois que la marque américaine Urban Outfitters crée la polémique déjà critiquée pour ces vêtements relatifs à l’Holocauste, à l’anorexie, à la toxicomanie et aux stéréotypes raciaux.

Laurie Ferrère