#unbonjuif : quand l’humour vire à l’antisémitisme sur Twitter

Depuis près d'une semaine, le hashtag #unbonjuif est l'un des plus utilisés sur Twitter. L'Union des étudiants juifs de France dénonce l'antisémitisme des internautes et envisage de porter plainte.

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Le hashtag #unbonjuif est l'un des plus utilisés sur Twitter ©SIpa

Depuis mercredi dernier, le hashtag #unbonjuif est parmi les plus utilisés sur Twitter. Le sujet, initié de façon « humoristique » par un certain @Besbar fait bondir l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). L’association dénonce des propos antisémites graves et envisage de porter plainte contre les auteurs des messages reprenant le sujet.

Ce qui avait débuté comme une « blague » sur le réseau social a très vite dérivé. Des tweets à tendance raciste, évoquant la Shoah, ont vu le jour:

Certains sont même allés plus loin en publiant des photos de Juifs en camps de concentration, légendées « bon juif ».

Suite à ces dérives, l’UEJF demande «un rendez-vous d’urgence à Twitter France afin de mettre en place un nouveau système de modération des tweets», déclare le président de l’association, Jonathan Hayoun. Cela paraît cependant compliqué, puisque le réseau social n’a pas encore de bureau installé en France. Les discussions devraient donc se faire entre les représentants de l’UEJF et le siège américain.

De leurs côtés, les auteurs de messages contenant le hashtag #unbonjuif s’indignent des proportions de cette histoire. La personne à l’origine du sujet, @Besbar, a tenu à rappeler que lors de la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, l’association juive soutenait le journal satirique:

Un sujet qui n’a pas fini de faire débat et qui devrait déboucher sur une plainte de la part de l’UEJF et SOS Racisme, seul moyen pour inquiéter les auteurs des messages. Toutefois, les procédures risquent d’être compliquées, étant donné que la plupart des utilisateurs de Twitter publient sous pseudonyme. Le réseau social peut connaître la véritable identité de ses Twittos grâce à leur adresse IP mais seule une décision judiciaire peut obliger le réseau social à « vendre » ses utilisateurs : « Les informations non publiques concernant les utilisateurs ne sont pas livrées à moins que nous ayons reçu une citation à comparaître, une ordonnance du tribunal, ou un autre document de procédure judiciaire », se justifie le réseau social, au nom du respect de la vie privée. Les démarches s’avèrent donc très compliquées.

Mathilde Bourge