Une activité volcanique sur Vénus ?

Depuis des décennies, les planétologues supposent une activité volcanique à la surface de Vénus. L'hypothèse serait en phase d'être confirmée.

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Il y a 800 millions d’années, la surface de Vénus a été entièrement remodelée par un volcanisme incroyablement intense. ©ThinkStock

Cela faisait plusieurs dizaines d’années que les planétologues la recherchaient, ils l’ont peut-être enfin trouvée. La semaine dernière, lors d’une conférence de planétologue à Houston (Texas), des chercheurs ont déclaré avoir découvert l’existence de traces d’activité volcanique actuelles sur la planète Vénus.

Il y a 800 millions d’années, la surface de Vénus a été entièrement remodelée par un volcanisme incroyablement intense. Mais les quantités énormes de gaz qui ont été émises à ce moment dans l’atmosphère ne suffisent pas à expliquer la forte teneur de dioxyde de soufre (SO2) encore mesurée par les planétologues. Voilà pourquoi, depuis des décennies, les chercheurs supposent une activité volcanique encore présente chez notre voisine. Une hypothèse qui pourrait être aujourd’hui validée grâce aux observations de la sonde Venus Express.

Alexander Basilevsky et Eugene Shalygin, chercheurs à l’Institut Max-Planck en Allemagne, ont annoncé avoir repéré des points chauds en trois endroits sur des images infrarouges de la surface, dans une région de l’hémisphère Nord appelée Ganiki Chasma. Les planétologues sont parvenus à percer l’épaisse couche de nuages qui entoure Vénus en observant dans une bande de l’infrarouge très précise qui permet d’avoir une idée de la température de la surface. Trois points chauds sont apparus lors de certains survols, mais n’étaient plus visibles quelques jours plus tard.

Une découverte pas encore officielle

« C’est un aspect très intéressant, car s’il y a une coulée de lave, sa surface se refroidit rapidement, et 48 heures après, on ne devrait plus être capable de détecter un point chaud », précise Jean-Loup Bertaux, responsable de l’instrument Spicav sur Venus Express, et spécialiste de l’analyse de l’atmosphère de la planète à l’Institut Pierre-Simon-Laplace.

Cette anomalie thermique a été observée en 2008, mais les scientifiques n’avaient pas encore pris le temps de l’analyser. Pour que la découverte soit officielle, elle doit être acceptée pour publication dans une revue scientifique à comité de relecture. Pour le moment, les planétologues préfèrent donc restés prudents. « Si elles sont confirmées et que l’interprétation du volcanisme est la bonne, ce serait le Graal de la mission Venus Express », s’enthousiasme Jean-Loup Bertaux, qui craint toutefois que la sonde ne tombe en panne de carburant dans les mois qui viennent, ce qui pourrait peut-être l’empêcher d’observer d’autres traces de volcanisme.

Mathilde Bourge