Une gaffe à l’origine de la chute du mur de Berlin

Le 9 novembre 1989, les Allemands assistaient et participaient, pour certains, à la chute du mur de Berlin. Il s'en fallut de peu pour que cet événement n'ait pas lieu ce soir-là... La gaffe d'un membre du régime communiste l'a, dirons-nous, quelque peu précipité.

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La chute du mur de Berlin aurait dû avoir lieu le 10 novembre, et non le 9. ©ShutterStock

Ce week-end, l’Allemagne célébrait les 25 ans de la chute du mur de Berlin. Le 9 novembre 1989, le symbole de l’Europe divisée cédait sous la pression de la foule, aux alentours de 23h30. Des centaines de milliers de Berlinois de l’Est s’étaient précipités aux abords du mur, suite à deux mots prononcés par erreur par Günter Schabowski, membre du Politbüro du régime communiste, lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision. Une bourde qui changea le cours de l’histoire… Yannick Pasquet, journaliste à l’AFP, relate sur le blog Making Of ce qu’il s’est passé ce soir-là, lors de cette entrevue avec la presse.

« Immédiatement, sans délai »

« Il est 18h53 ce jeudi 9 novembre 1989. Günter Schabowski, venu rendre compte des dernières décisions du comité central du parti communiste SED, tire de sa poche un bout de papier. Dans une salle pleine à craquer du Centre de presse international, il annonce que les dirigeants de l’Allemagne de l’est ont décidé d’autoriser les voyages à l’étranger pour leurs ressortissants. « Quand est-ce que cela entre en vigueur? », lance un journaliste dans la salle. Günter Schabowski ne sait pas, les dirigeants ne lui ont pas fourni de précisions. Alors il improvise. « A ma connaissance… immédiatement, sans délai ».»

Günter Schabowski, absent de la réunion du Comité centrale lorsque le texte sur la régulation des voyages a été adopté, ne connaît pas la date d’entrée de son entrée en vigueur. Décontenancé par les questions des journalistes, il gaffe indéniablement en annonçant que celle-ci aurait lieu « immédiatement, sans délai ». L’histoire dira que cette nouvelle législation aurait dû être annoncée le lendemain, soit le 10 novembre dans les médias allemands.

D’autre part, l’annonce de Günter Schabowski se veut purement administrative : les Allemands de l’est pourront désormais voyager hors RDA. En aucun cas cela ne signifie que le mur va être ouvert. Mais à quoi bon garder ce barrage de pierre si, désormais, la circulation entre l’ouest et l’est est autorisée ?

… et le mur chut

À cet instant, personne dans la salle de presse ne peut imaginer les heures qui vont suivre. Les Berlinois de l’est qui regardent Schabowski le prennent au mot. Des centaines, des milliers, puis des centaines de milliers d’entre eux se ruent aux différents checkpoints. Sous la pression, le lieutenant-colonel Harald Jäger ordonne aux gardes armés d’ouvrir la barrière. Il est 23h30, le mur de Berlin, érigé 28 ans auparavant, vient de tomber.

Vidéo – Extrait de la conférence de presse donnée par Günter Schabowski, le 9 novembre 1989

Thomas Levy