Une injection pour remplacer le pacemaker

Des chercheurs américains ont testé l'injection du gène TBX18 dans le coeur pour accélérer le rythme cardiaque. Grâce à cette méthode, les chirurgiens n'auraient plus besoin d'opérer les patients pour leur poser un pacemaker.

0
2545
Des chercheurs américains ont testé l'injection du gène TBX18 dans le coeur pour accélérer le rythme cardiaque. ©ShutterStock

La cardiologie est-elle en passe de connaître une révolution ? Des chercheurs de l’Institut cardiaque Cedars-Sinaï (Etats-Unis) espèrent un jour remplacer le traditionnel pacemaker par l’injection du gène TBX18 dans le coeur. Les premiers essais menés sur des porcs se sont en tout cas révélés concluants.

« Ce développement annonce une nouvelle ère pour la thérapie génique dans laquelle les gènes ne seront plus seulement utilisés pour corriger une déficience, mais pour faire muter une cellule afin de soigner une maladie », a déclaré Eduardo Marban, directeur de l’Institut et principal auteur de cette étude. “C’est la première fois qu’une cellule cardiaque a pu être préprogrammée dans un organisme animal afin de soigner une maladie”, s’est-il réjoui.

Des recherches complémentaires nécessaires

L’étude publiée dans la revue Science Translation Medicine détaille le processus utilisé : le gène est introduit dans une zone aussi grande qu’un grain de poivre, située dans la chambre pompante principale. Le gène transforme alors certaines cellules normales en des cellules sinusales dont la fonction est de diriger le rythme cardiaque.

« Nous avons créé un nouveau noeud sinusal dans une partie du coeur qui d’ordinaire diffuse les pulsations mais ne les génère pas », a résumé Eduardo Marban lors d’une conférence de presse présentant l’étude. « Le nouveau noeud créé prend ensuite le relais, tel un pacemaker. »

Le processus a été testé sur des porcs souffrant d’un bloc cardiaque, une maladie grave due au mauvais fonctionnement du système d’impulsions électriques du coeur qui, en conséquence de cette dégénérescence, provoque une arythmie cardiaque. Dès le lendemain de l’injection, les coeurs des porcs battaient plus fort que ceux de leurs congénères non traités.

Les chercheurs de l’Institut cardiaque devront néanmoins mener des recherches complémentaires pour s’assurer que ces injections ne provoquent aucun effet secondaire indésirable.

Maxime Quéma