Une malvoyante recouvre la vue grâce à des lunettes à réalité augmentée

L’entreprise française Essilor a conçu des lunettes à réalité augmentée permettant aux malvoyants de retrouver la vue. Fatiha, originaire de Nancy, a pu pour la première fois voir normalement le visage de ses enfants.

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Les lunettes imaginées par Essilor sont équipées d’une mini caméra qui projette les images sur la rétine. - crédit photo : sergoua (image d'illustration) ©ThinkStock

L’initiative est porteuse d’espoir. Fatiha, une malvoyante de Nancy (Meurthe-et-Moselle), a pu recouvrer la vue en portant les lunettes à réalité augmentée mises au point par l’équipementier ophtalmologique Essilor. Pour le moment, le produit n’est qu’à l’état de prototype.

Grâce aux lunettes d’Essilor, Fatiha a pu découvrir le visage de ses enfants

Les lunettes sont dotées d’une mini caméra et d’une télécommande, qui permet à son utilisateur de zoomer en direct ou à partir d’une capture d’écran (précision encore plus importante). L’image est en fait projetée sur la rétine. « Nous sommes très en amont dans la recherche, affirme un porte-parole d’Essilor. L’idée c’est, pour les personnes à très basse vision, d’optimiser le peu de vue qui leur reste. »

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Fatiha, 47 ans, teste l’objet depuis six mois. Toutes les semaines, elle soumet ses remarques à l’entreprise. « C’est comme une deuxième naissance », confiait la nancéenne lundi au micro de RTL. Elle compare l’appareil à un microscope. Avec moins d’1/20e aux deux yeux, Fatiha ne voit normalement que le clair et le foncé, « mais pas de manière distincte ». Grâce aux lunettes, elle peut zoomer et lire ce qui est inscrit sur un panneau ou une affiche. La nancéenne a surtout pu découvrir le visage de ses enfants et « leur regards quand ils [lui] sourient ». Elle raconte que ses collègues « sont plus avenants, plus à l’écoute (…) Je crois que ça [les lunettes] change complétement la vie quotidienne, dans le rapport avec les autres. »

Les lunettes sont perfectibles mais prometteuses

Le prototype présenté par Essilor est plein de promesses mais encore imparfait. Parmi les failles : l’autonomie de l’objet, qui ne dépasse pas une heure. De plus, le champ de vision est assez limité et porter ces lunettes entraîne une fatigue importante. En effet, l’utilisateur doit rester droit et immobile pour les faire fonctionner correctement. Mais pour Fatiha, « les bénéfices (…) restent quand même spectaculaires ».

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Cécile David