Une mission habitée sur Mars possible d’ici 20 ans

Une réunion de trois jours à Washington va réunir les plus grands astronautes de la planète. Ces derniers estiment que l'homme pourra poser le pied sur Mars d'ici vingt ans.

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D'après la Nasa, le plus grand obstacle à une mission habitée sur Mars est le manque d'argent ©ThinkStock

Quand l’homme posera-t-il le pied sur Mars pour la première fois ? Si le projet Mars One le promet – sans retour – pour 2023, la Nasa imagine un tel projet possible d’ici… vingt ans. Une conférence de trois jours sur le sujet, co-organisée par l’Université de Washington, débute d’ailleurs ce lundi 6 mai dans la capitale fédérale des Etats-Unis. Les plus grands spécialistes seront présents, tels que Buzz Aldrin, deuxième homme à avoir posé le pied sur la Lune, ainsi que les hauts responsables de l’agence spatiale américaine.

L’homme sur Mars : une mission qui coûte cher

Selon un sondage Explore Mars et Boeing, le public américain souhaiterait voir prochainement des astronautes sur la planète rouge. L’enquête, menée auprès de 1 101 personnes, montre que 75 % des interrogés seraient même favorables à doubler le budget annuel de la Nasa. Si l’enveloppe actuelle s’élève à 17 milliards de dollars, il faudrait largement augmenter les dépenses pour une telle mission. Comme le rappelle Scott Hubbard, professeur à l’Université de Stanford (Californie) et ancien responsable du programme d’exploration de Mars à la Nasa, « aller sur Mars ne nécessite pas des miracles mais de l’argent et un programme pour répondre aux défis technologiques et d’ingénierie ». Mais selon lui, la crise budgétaire des Etats-Unis ralentit le processus.

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Des difficultés technologiques

L’un des plus grands défis, une fois le budget amassé, sera d’entrer dans l’atmosphère martienne avec une navette pesant de 30 à 40 tonnes. Quant au transport, la Nasa continue de développer un lanceur lourd (SLS) et la capsule Orion en vue de mission d’exploration spatiale habitée lointaine. Toutefois, Scott Hubbard estime qu’un moteur nucléaire, encore à développer, serait préférable en assurant une poussée constante qui réduirait de moitié la durée du périple de six à neuf mois.

Les effets néfastes sur l’organisme humain

Le dernier obstacle à cette mission est la santé des astronautes. En effet, « les radiations dans l’espace, avec le risque accru de cancer, est un danger certain pour l’équipage que nous devons mieux comprendre », explique à l’AFP Stephen Davison, responsable à la Nasa du programme de biologie de l’espace au Centre spatial Johnson à Houston, où se situe le centre d’entraînement des astronautes.

Enfin, le mental occupera une place essentielle dans cette mission pour Mars. Confinés dans un espace réduit pendant plusieurs mois, les astronautes devront apprendre à cohabiter sans heurt. « Il faut étudier les effets biologiques et psychologiques des voyages spatiaux pendant encore au moins dix ans » dans l’ISS avant d’entreprendre une mission vers Mars, conclut Stephen Davison.

Mathilde Bourge