Une nouvelle molécule contre la grippe

Des chercheurs français ont identifié une nouvelle maladie, capable de lutter contre les formes graves de la grippe. Les traitements actuels sont jugés inefficaces face à un virus qui mute aussi rapidement.

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Des chercheurs ont identifié une molécule capable de combattre les formes graves de la grippe ©Fotolia

La grippe est l’un des fléaux les plus courants et peut, dans le pire des cas, être mortelle. Pour empêcher l’évolution parfois fatale des formes graves de la maladie, une équipe de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de l’université Claude-Bernard à Lyon a identifié une molécule capable de bloquer l’emballement du système immunitaire et d’aboutir à la guérison.

L’étude, publiée le 3 décembre dans The Journal of Clinical Investigation, explique que cette nouvelle molécule a été testée sur des souris contre plusieurs souches virales : des virus H1N1, H3N2 (à l’origine de la grippe saisonnière), H5N1 hautement pathogènes ainsi que des virus pandémiques H1N1 devenus résistants à l’oseltamivir (Tamiflu).

En analysant le développement de la maladie chez la souris, les chercheurs ont identifié un récepteur cellulaire impliqué dans les réactions immunitaires. En administrant une molécule antagoniste aux animaux grippés, non seulement le processus inflammatoire a été inhibé, mais la multiplication des virus a été stoppée. «Le résultat est très prometteur», se félicite Bruno Lina, responsable du Centre national de référence de la grippe à Lyon.. Un brevet a été déposé mais il faudra encore attendre avant de «pouvoir venir à bout d’une grippe sévère avec trois pschitt dans le nez», comme le rêve déjà Béatrice Riteau de l’université Claude-Bernard. Si les résultats se sont révélés concluants chez les rongeurs, des essais sont en cours aux Hospices de Lyon pour confirmer l’efficacité du traitement.

Les traitements actuels contre la grippe ne sont pas assez efficaces

«Avoir une nouvelle stratégie thérapeutique est devenue une nécessité», souligne Béatrice Riteau. Le Tamiflu et le Relenza, les deux seuls antigrippaux actuellement sur le marché, permettent de réduire l’infection en s’attaquant directement au virus. Cependant, face à une maladie qui mute aussi vite, leur efficacité reste limitée et à force d’être traité, le corps développe des résistances aux médicaments.

Chaque année, la grippe fait 2 000 à 4 000 morts en France et plus de 500 000 dans le monde. «Dans la forme grave de la maladie, les patients succombent parce que le virus déclenche chez eux une cascade de réactions immunitaires. Elles produisent une inflammation au niveau des poumons qui va jusqu’à détruire les alvéoles pulmonaires», explique Bruno Lina, responsable du Centre national de référence de la grippe à Lyon.

Mathilde Bourge