Une prothèse pour jambe en forme de patte d’autruche

Des chercheurs ont démontré que la démarche d’une femme portant des talons exerçait autant de pression sur le sol qu’une patte d’autruche. Une constatation qui permettrait l’essor de nouvelles prothèses, mieux adaptées.

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Une prothèse pour jambe en forme de patte d’autruche ©ThinkStock

Sans le savoir, les femmes à talons aiguille et les autruches pourraient contribuer à la création de prothèses mieux adaptées à la marche.

Dans une étude publiée par la Royal Veterinary College, dans le Journal of the Royal Society Interface, les chercheurs affirment que la mécanique de marche chez les humains chaussés de talons hauts exerce la même force sur le sol qu’une patte d’autruche.

S’éloigner de la jambe humaine

L’équipe de chercheurs a donc pensé que les prothèses de jambes pourraient donc s’éloigner de l’humain, dont la structure est si complexe.

En clair, la marche humaine est une répétition cyclique de mouvements : pose du talon sur le sol, appui sur la plante du pied pour basculer la jambe opposée vers l’avant puis poussée sur les orteilles pour se propulser.

Le Dr Tatjana Hubel explique que les chercheurs font tout pour que les forces d’une prothèse « s’exercent selon le même schéma ». « La question pour nous est de savoir pourquoi notre pied est ainsi fait, et pas comme celui d’une autruche par exemple ».

Pour réduire la fatigue musculaire, la structure du pied humain permet de faire passer tout l’effort par la cheville lorsque la plante du pied est posée sur le sol. Or, une prothèse ou une jambe de robot ne connaît pas la fatigue. Le Dr Jim Usherwood et son équipe se sont alors demandé pourquoi vouloir reproduire un mécanisme humain, si cela n’est pas nécessaire.

« Si vous voulez faire une bonne prothèse de pied mais que vous vous fichez de l’allure qu’elle aura, il faut mettre le moteur aussi haut que possible », résume-t-il. Le cas échéant, le moteur est la cheville.

Une prothèse en forme de patte d’autruche

Certaines prothèses imitent déjà à la perfection des chevilles humaines, ce qui est formidable pour les personnes amputées de la jambe inférieure. Le problème se présente donc pour les personnes amputées au –dessus du genou. Pour eux, les prothèses sont souvent lourdes et encombrantes.

Selon le Dr Usherwood, un « pied d’autruche fixé au bout d’une jambe ultra légère » serait donc mieux adapté.

Cette idée n’est pas sans rappeler la prothèse que porte le coureur sud-africain, Oscar Pistorius. Il possède des jambes très légères et flexibles, sans talon, semblables à des pattes d’autruche. Il est d’ailleurs le premier athlète handisport à avoir été médaillé dans un championnat du monde pour les valides, en relais 4 x 400 mètres.

Mathilde Bourge