Vache folle : est-ce vraiment la fin ?

Il aura fallu attendre 18 ans d'enquête pour mettre un point final au scandale de la vache folle. Le parquet de Paris a requis un non-lieu général pour cette affaire où quatre fabricants de farines animales avaient été mis en examen.

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En Grande-Bretagne, des études révèlent d'u britannique sur 2000 est atteint de la maladie de Creutzfeld-Jakob. ©ThinkStock

Sans mauvais jeu de mots, on peut dire que le scandale de la vache folle se termine en « eau de boudin ». C’était il y a de ça près de 20 ans. L’Europe était secouée par l’un des scandales sanitaires les plus marquants de son histoire : des vaches étourdies, trébuchaient sous leur poids, une filière agricole démunie et des morts annoncés.

Pas de procès, pas de coupable

Aujourd’hui, on ne compte que 27 morts officiels liés à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la variante humaine du prion mortel de la vache folle, selon Jean-Louis Thillier. L’information judiciaire pour « tromperie et propagation volontaire d’une épizootie » avait était ouverte le 28 juin 1997, dès le premier cas suspect en France. Cette enquête s’était donné pour objectif de désigner les responsables en identifiant les producteurs de bétail qui avaient importé des farines animales britanniques suspectes. Ils étaient quatre en tout, mais tous ont été blanchis par ce non-lieu.

Pour cause, en matière de santé publique, il est bien difficile d’établir un « lien scientifique et objectif entre les éléments en cause et les décès ». Même « un faisceau d’indices aussi puissant soit-il n’est pas une preuve » résume-t-on. Le manque de traçabilité dans l’industrie agroalimentaire à la fin des années 1990 rend donc impossible la désignation d’un coupable dans le scandale de la vache folle.

D’autres cas à déclarer d’ici 10 ans ?

Mais cette crise aura permis autre chose, l’obligation des étiquetages de l’origine des viandes (lieu de naissance, élevage et abatage) même si les produits transformés échappent encore à cette règle. De ce scandale est née également l’Afssa, devenu l’Anses en 2010 (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Pour Jean-Louis Thillier, scientifique européen et ancien expert judiciaire, auteur du livre Le procès de la vache folle n’aura pas lieu (Ed. Hachette littérature), la maladie de la vache folle n’a pas disparu sur le plan scientifique, et l’on peut craindre encore 1 000 à 2 000 cas liés à la maladie de Creutzfeldt-Jakob d’ici dix ou quinze ans.

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Laurie Ferrère