Vache folle : un Britannique sur 2000 atteint

Une étude publiée mardi 15 octobre révèle qu'un Britannique sur 2000 serait porteur de la maladie de la vache folle.

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Cette fréquence d'un cas sur 2000 est assez importante et pose surtout des problèmes pour les risques de transmission secondaire ©ThinkStock

Vingt ans après l’épidémie sanitaire de la vache folle qui a touché l’Europe, la maladie de Creutzfeldt-Jacob (vCJD) fait encore parler d’elle. Cette fois-ci l’inquiétude se situe en Grande-Bretagne, où une étude publiée dans la revue British Medical Journalmontre qu’un Britannique sur 200 serait porteur du prion responsable de la maladie de la vache folle. Il s’agit là de l’étude la plus complète jamais réalisée sur le sujet même si elle ne peut prévoir combien de ces personnes atteintes sont réellement susceptibles de développer un jour cette maladie neurodégénérative, incurable et toujours mortelle.

Vache folle : pas de profils génétiques

Rappelons que dans les années 90, au moment de l’apparition de la maladie, 177 victimes ont été recensées en Grande-Bretagne, ce qui fait un taux de 100 % de mortalité. En France, 27 personnes infectées, dont 26 décès, ont été reportées au mois de juin 2012.

« Cette fréquence d’un cas sur 2000 est assez importante et pose surtout des problèmes pour les risques de transmission secondaire » via le don d’organe ou de sang analyse le professeur Stéphane Haïk, directeur de recherche à l’Inserm, et coordinateur du Centre national de référence Prions, à la Pitié-Salpêtrière à Paris. En France, où le taux d’exposition est dix fois moins important qu’en Grande-Bretagne, le cas d’une étude n’est pas à l’ordre du jour.

Dans cette étude, du professeur Sébastien Brandner, aucun profil génétique type n’a été identifié et la présence du prion n’a pas montré de différence suivant l’âge, le sexe ou la répartition géographique.

Vache folle :le  risque alimentaire a disparu

Les chercheurs misent donc sur la mise au point de nouveaux tests sanguins pour réussir à anticiper un éventuel développement de la maladie. L’espérance de vie des porteurs de ce prion pourraient aussi être plus courte que la période d’incubation. Il n’y a cependant pas lieu de paniquer, le risque alimentaire, lui est passé depuis longtemps.

Pour la réalisation de cette étude, Sébastien Bandner et ses collègues ont dû examiner plus de 32 000 appendices prélevés sur des patients de tout âge, entre 2000 et 2012, et ce, dans 41 hôpitaux du pays. Au total, 16 échantillons se sont révélés positifs pour le prion anormal. Par extrapolation, les chercheurs ont conclu qu’une personne sur 2000 était porteuse de cette maladie au Royaume-Uni.

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Laurie Ferrère