Vers une interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics ?

Le ministère de la Santé pourrait interdire la cigarette électronique dans les lieux publics. Le gouvernement, qui ignore les effets de ce dispositif sur le long terme, devrait appliquer le principe de précaution.

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La cigarette électronique pourrait être interdite dans les lieux publics ©Sipa

En France, 500 000 fumeurs se seraient mis à la cigarette électronique. Une alternative qui n’est peut-être pas sans danger et qui devrait pousser le gouvernement à l’interdire dans les lieux publics, au nom du principe de précaution. Afin d’orienter le ministère de la Santé dans sa décision, le gouvernement recevra mardi 28 mai un rapport du pneumologue Bertrand Dautzenberg concernant les effets de ce dispositif sur la santé.

La cigarette électronique est-elle dangereuse ?

Si le rapport du professeur Dautzenberg devrait être plutôt favorable, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’est pas du même avis. En 2011, elle recommandait de ne pas en consommer. « Ces produits peuvent être considérés comme des médicaments ou des produits de consommation courante », or, « aucune cigarette électronique ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché », auxquels doivent se soumettre tous les médicaments avant d’être considérés comme tels.

Outre cette procédure, un deuxième problème préoccupait l’ANSM : la présence de nicotine dans ce dispositif. « Classée substance très dangereuse par l’Organisation mondiale de la santé », elle peut également entraîner un phénomène de dépendance. De plus, les cigarettes électroniques contiennent également des substances chimiques telles que le propylène glycol, « un solvant au pouvoir irritant, qui peut également entraîner des effets neurologiques comparables à l’état d’ébriété », écrivait le ministère de la Santé en juillet 2008. Une mise en garde qui n’empêche pas les industriels de l’utiliser dans les gels douche, produits alimentaires ou encore certains médicaments.

Enfin, l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) rappelle que la cigarette électronique produit « des composés organiques volatils et des particules fines et ultrafines susceptibles d’altérer la qualité de l’air intérieur. A l’heure actuelle, il ne peut donc être conclu à l’absence de risque pour l’entourage du consommateur. » Un discours contrecarré par les tabacologues qui estiment que le dispositif ne contient pas de monoxyde de carbone ou autre substance cancérigène.

Principe de précaution

Le ministère de la Santé n’a aujourd’hui pas le recul suffisant pour connaître les effets de la cigarette électronique sur le long terme. Aucune réglementation n’existe pour le moment, mais le gouvernement envisage sérieusement d’appliquer le principe de précaution comme un symbole. En effet, la cigarette électronique reste une cigarette et, selon certains médecins, ce dispositif serait une « porte d’entrée vers le tabac ».

De plus, les non-fumeurs ne font pas bien la distinction entre une cigarette classique et une électronique. « Quand je fume ma cigarette électronique dans le métro ou dans un lieu public, on me regarde bizarrement », explique Alexandre au micro de RTL.

Mathilde Bourge