Virus H7N9 : un cas probable de transmission interhumaine identifié en Chine

Dans l’est de la Chine, une femme aurait été contaminée par son père par le virus H7N9. Jusqu’ici, cette grippe affectait principalement les oiseaux, sans les rendre malade.

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Un retraité vivant dans l’est de la Chine aurait transmis à sa fille le virus H7N9. Il s’agirait du premier cas de contamination d’homme à homme. ©ThinkStock

Selon une étude parue le 6 août dans le British Medical Journal et réalisée par des chercheurs chinois du centre de contrôle et de prévention des maladies infectieuses à Nankin, un homme vivant dans l’est de la Chine aurait transmis à sa fille le virus H7N9. Il s’agirait du premier cas de contamination d’homme à homme.

Virus H7N9 : Une femme chinoise probablement contaminée par son père

La grippe H7N9 touche surtout les oiseaux, sans les rendre malade, et les cas de transmission de l’animal à l’homme restent marginaux. Comme le rapporte l’AFP, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense seulement 134 cas confirmés d’infection par le virus H7N9 au niveau mondial, dont 43 mortels.

L’étude faisant état d’un cas de contamination interhumaine sème le trouble. La première victime est un retraité de 60 ans qui se rendait de temps en temps sur des marchés aux poulets, endroits où il a probablement été infecté. Trois jours après l’apparition des premiers symptômes (mars 2013), l’homme a été hospitalisé. En dépit des traitements et de son placement en soins intensifs, son état de santé s’est peu à peu dégradé.

Auprès de lui, sa fille, 32 ans, veillait sans masque ni autres équipements de protection. Six jours après le dernier contact avec son père, la jeune femme est contaminée par le virus. Elle est décédée le 4 avril, son père le 4 mai.

Les chercheurs ont isolé les deux souches et analysé les génomes des deux patients. Ils ont constaté qu’ils étaient quasiment identiques (plus de 99,5 % de correspondance). Hypothèse la plus probable : le virus a réussi à passer du père à la fille.

Virus H7N9 : cette transmission interhumaine est un cas isolé

Les auteurs de l’étude se veulent tout de même rassurants. L’infection est restée limitée « et non durable puisqu’il n’y a pas eu d’épidémie à la suite de ces deux cas ». Sur la quarantaine de personnes entrées en contact avec les deux patients, une seule (le gendre) a présenté une version atténuée de l’infection.

Les chercheurs avancent l’hypothèse d’une sensibilité génétique plus importante à la contamination par le virus H7N9 chez les deux victimes.

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« La transmission limitée entre humains n’est pas une surprise et ne signifie pas nécessairement que le virus va se transmettre de manière durable entre humains », expliquent en annexe de l’article James Rudge et Richard Coker, deux chercheurs de l’école de médecine et d’hygiène tropicale de Londres. « Il importe toutefois de demeurer extrêmement vigilant car la menace que représente H7N9 est toujours d’actualité », rappellent-ils. La grippe H7N9 pourrait en effet faire sa réapparition à l’automne prochain.

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Damien Rigat