Vol Rio-Paris : Les experts judiciaires appuient sur les défaillances techniques

Hier les experts judiciaires ont présenté leur rapport aux familles des victimes. Contrairement à celui du BEA, le rapport d'expertise judiciaire pointe plus sévèrement du doigt les industriels Airbus et Air France. Il met aussi en avant le calme à bord du vol Rio-Paris avant le crash.

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Les expeu vol Rio-Paris ©Visual PA

C’est un moment de soulagement pour les familles des victimes du crash Rio-Paris. Les experts judiciaires ont rendu le mardi 10 juillet leur rapport d’enquête concernant les circonstances du crash. Pour beaucoup de proches des victimes ce rapport est plus réconfortant que celui rendu par le BEA la semaine dernière. Les erreurs techniques sont largement mises en cause, plus que les erreurs humaines.

Des problèmes techniques, causes du crash du vol Rio-Paris selon le rapport judiciaire

Le rapport présenté hier aux familles des victimes met en exergue la conjecture de problèmes techniques et d’erreurs humaines. Les experts judiciaires sont donc d’accord avec le BEA, à quelques nuances près. Le rapport judiciaire semble satisfaire bien plus les familles des victimes.

Grâce à ce dernier, les familles des victimes ont une idée plus précise de ce qui s’est passé ce soir de juin 2009. Les causes du crash sont bien techniques : pas de problème technique, pas de d’erreur humaine CQFD pour les familles des victimes.

Les experts judiciaires ne se bornent pas à une responsabilité entière de l’équipage au contraire. Ils relèvent que les problèmes techniques ont conduit à des erreurs de pilotage. Là où le BEA insiste sur les erreurs humaines, le rapport judiciaire appuie sur le fait que sans les défaillances techniques, les pilotes n’auraient pas fait d’erreur et qu’il n’y aurait pas eu ce tragique accident.

Le rapport judiciaire plus objectif que celui du BEA ?

Les familles des victimes ont d’ailleurs plus tendance à croire le rapport judiciaire que celui du BEA et ce pour une raison évidente d’objectivité. Les experts judiciaires sont complètement extérieurs au monde de l’aviation ce qui n’est pas le cas du BEA.

Selon les familles des victimes et les avocats des membres de l’équipage, le rapport du BEA tendait à exonérer Air France et Airbus et à rejeter la responsabilité sur les membres de l’équipage. Or ce que relève les familles des victimes et le rapport d’expertise judiciaire, c’est que les erreurs techniques ont conduit les pilotes à faire des erreurs mais parce qu’ils étaient mal informés.

Danièle Lamy, parente d’une des victimes, estime que les causes de l’accident sont à 70 % techniques et non humaines. Le BEA tendrait à trop exonérer les concepteurs de l’avion alors qu’outre les sondes PITOT, le directeur de vol aurait connu des défaillances ne permettant pas aux pilotes de prendre les bonnes décisions outre les erreurs humaines qu’il y a pu avoir.

Les familles rassurées grâce à l’expertise judiciaire

Enfin le rapport judiciaire affirme que rien dans l’avion ne permettait aux passagers de s’imaginer ce qu’il se passait. L’avion était « en mode sommeil » : les volets étaient fermés, de nombreux passagers dormaient, d’autres regardaient des films comme si tout était normal. Les ceintures n’étaient pas bouclées, les tablettes non relevées, et les masques à oxygène ne s’étaient pas déclenchés.

Rien n’indiquait que l’avion était en danger. Les passagers n’ont pas pu soupçonner un seul instant ce qui était en train de leur arriver. La mort aura été instantanée lors de l’impact de l’avion contre la surface de l’océan.

La présentation de ce rapport ne met pas fin aux questions concernant le crash. Les familles de victime mettent aussi en cause la Direction Générale de l’Aviation Civile et l’Agence européenne de sécurité aérienne restent dans les cibles des familles pour le manque de suivi des incidents et leur silence. Le concepteur des sondes PITOT, Thalès, pourrait être mis en examen aussi selon la volonté d’un avocat d’un membre de l’équipage, Maitre Olivier Morice.

Anne-Ségolène Brun