Y a-t-il trop de vaccins en France ?

C’est un rappel à l’ordre que lance le Haut Conseil de la Santé Publique. Selon lui, le dispositif de vaccination en France est illisible, complexe et inégalitaire.

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Le Haut Conseil de Santé Publique a également rappelé l’importance du vaccin contre le Papillomavirus (HPV), très controversé en France. ©ShutterStock

La politique de vaccination en France serait-elle obsolète ? C’est en tout cas ce que semble penser le Haut Conseil de la Santé Publique qui remet en cause l’obligation vaccinale pratiquée en France, dans un rapport, mis en ligne le 10 septembre dernier.

Vaccins recommandés ne veut pas dire facultatifs

Et pour cause, la France est avec l’Italie le seul pays industrialisé à maintenir l’obligation de vaccination (diphtérie, tétanos, poliomyélite) pour les enfants. Une politique « ancienne [qui] date d’environ 50 ans ». Pour Daniel Floret, président du Comité Technique de Vaccination, « il n’est pas illogique de penser que la situation sanitaire de la France a évolué depuis », pourquoi donc ne pas faire changer les recommandations de vaccins.

D’autant que pour la population, « les vaccins recommandés » sont souvent pensés comme « facultatifs ». Parmi ceux-là, celui de l’Hépatite B contre les cirrhoses et cancers du foie tuent 1 300 personnes en France chaque année, et celui du Papillomavirus humains contre le cancer du col de l’utérus qui fait un millier de décès par an, comme le rappelle le Haut Conseil de la Santé Publique.

L’accent est mis sur le HPV

Un paradoxe que pointe l’instance sanitaire dans son rapport : « En conséquence, le Haut Conseil de la Santé Publique considère que le dispositif public de vaccination [en France] est illisible, complexe et inégalitaire ». Pour se faire, l’HCSP recommande une réorganisation de l’offre de vaccination, mais également la gratuité de celle-ci et la maitrises des coûts.

Le Haut Conseil de Santé Publique a également rappelé l’importance du vaccin contre le Papillomavirus (HPV), très controversé en France et qui bénéficie « d’une méfiance injustifiée ». Il devrait, selon lui, être proposé en milieu scolaire et éventuellement dès l’âge de 9 ans. La France est le seul pays où la couverture vaccinale contre le HPV est en baisse depuis 2010, 27 %en 2011 contre 20 % en 2013, alors qu’il a augmenté dans de nombreux pays voisins.

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Laurie Ferrère